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L'Homme Humain - LHHOM

Big Data : La peur est inutile, la perspective humaine essentielle

25 Avril 2016, 20:57pm

Publié par Laurent

Big Data : La peur est inutile, la perspective humaine essentielle

La lecture du livre de Marc Dugain et Christophe Labbé, intitulé « L’homme nu, La dictature invisible du numérique » aux éditions Plon, nous éclaire sur la situation actuelle du pouvoir de Big Data. Nous pouvons découvrir au fil des pages que nous ne sommes pas dans un monde de science-fiction mais bien dans la réalité d’aujourd’hui qui prépare notre nudité de demain. Big Data sacrifie, jour après jour, notre liberté au nom du progrès, de la sécurité et de la performance.

Nous voyons bien qu’aucune organisation internationale, aucun état ne pourra stopper ces avancées numériques qui servent uniquement les intérêts sonnants et trébuchants d’une dizaine d’entreprises. Je ne vais pas ici résumer ce livre ou reprendre des articles que j’ai publié précédemment, j’indiquerai simplement que nous sommes tous concernés car nous contribuons, souvent sans même nous en douter, à alimenter les ressources de Big Data et donc à restreindre notre liberté, à passer d’une enchainement matériel et commercial à un réel asservissement sociétal.

Nous sommes tous concernés donc chacun de nous a le devoir de s’informer des conséquences que peuvent avoir, pour notre intimité et pour notre humanité, ces compilations et ces traitements de nos données personnelles. Nous savons que ces sujets (Big Data, transhumanisme, intelligence artificielle, etc…) sont complexes et les questions qu’ils soulèvent ne peuvent être résolues par un « oui » ou un « non », un « pour » ou un « contre ». Néanmoins, nous pouvons séparer l’idéologie de la thérapie, la marchandisation de la guérison.

La peur est inutile car l’homme humain possède la capacité de raisonner et de discerner. Tant que nous pourrons individuellement effectuer des choix, nous serons libres et ce malgré l’avalanche permanente de promesses d’un avenir meilleur grâce à ces technologies. L’idéologie de ces partisans des GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) est d’en finir avec la « force du hasard », c’est-à-dire nous guider, à notre insu, sur le chemin de la sur-consommation pour leur unique profit. Et au-delà, nous transformer en produits matériels dans un monde totalement marchand. Nous savons, dès maintenant, car nous vivons déjà dans un monde marchand, que ce monde-là ne conduit pas à la liberté, à notre épanouissement et à l’harmonie avec nous, avec les autres et avec le monde naturel qui nous entoure. Pourquoi, alors continuer sur cette voie ? Ici et là des initiatives écloses et démontrent que le « tout connecté » n’est pas la seule issue. Certes, nous sommes taxés de « passéistes », de vouloir vivre dans un « monde ancien », de marginaux, d’irréductibles, et bien nous acceptons tout cela, comme nous acceptons les imperfections, les déceptions, les sentiments mêlés de l’homme humain.

La peur est inutile car nous croyons en l’homme humain, unique, et c’est là notre force. Nous acceptons nos différences qui forgent notre humanité et la rende justement passionnante et vivante. C’est à ce moment-là que l’idéologie des GAFA nous explique que l’homme nous déçoit tellement qu’un avenir « programmé » nous libérera de cette angoisse et nous rendra heureux. C’est bien évidemment un leurre car cette idéologie est basée sur la puissance et le pouvoir de la machine et non pas sur l’homme ! Comment une idéologie qui s’appuie sur autre chose que l’homme humain pourrait-elle rendre l’homme accompli et heureux ?

La perspective est essentielle, une perspective humaine. Une perspective qui place l’homme humain au centre de toutes ces avancées technologiques. Et pour chaque « progrès », nous devons nous poser la question de sa « juste utilité » et des limites que nous fixons. Ce qui rend justement ces réponses difficiles c’est que c’est chacun de nous qui doit les apporter et déterminer ses propres « limit line ». Et c’est justement sur cette (in)capacité que surfe les GAFA. A grands coups de matraquages publicitaires et de rêves savamment dosés, ils nous font miroiter des progrès médicaux, des guérisons miraculeuses et du bien-être quotidien déjà accessibles mais leurs objectifs et de dépasser ces appâts pour nous installer dans un monde totalement contrôlé. Ils nous font miroiter la « réparation » mais leur finalité est « l’augmentation » de l’homme.

La perspective est essentielle car nous pouvons résister à cette marche forcée. Nous pouvons refuser de nous jeter inconsciemment dans ce vide numérique. Nous avons une obligation de susciter le débat, de faire prendre conscience à chacun des implications sur le long terme. C’est maintenant que nous devons exercer notre « droit à la vigilance », notre « devoir de prudence ». C’est déjà maintenant que nous devons maîtriser la diffusion de nos données, protéger notre intime, sublimer les différences de notre humanité. Nous pouvons le faire. Jamais notre humanité n’a été confronté à un tel choix car les choix précédents impliquaient des changements de vie matériels, là nous sommes face à un choix qui touche directement notre constitution d’homme humain. Il n’est pas encore trop tard, nous pouvons choisir de vivre simplement au lieu de choisir de vivre facilement. Certes, une vie simple implique la résistance aux sirènes hurlantes de la sur-consommation et à notre détermination à choisir sans juger. Prenons ici l’exemple du progrès technique pour les véhicules de l’assistance pour se garer. Ne sommes-nous pas capables de tourner un volant, d’évaluer si notre véhicule peut se garer à tel endroit ? Bien sûr, pour certaines personnes ce « progrès » est utile mais pourquoi accepter de payer plus, de nous enchaîner plus si nous avons toutes nos possibilités ? Ces questions, nous pouvons nous les poser quotidiennement et c’est de cette manière que nous pourrons choisir notre avenir. Si nous résistons à la « gadgétisation » de notre monde, nous aurons alors un poids économique décisif qui ralentira cette idéologie boulimique.

L’astrophysicien Stephen Hawking a déclaré son inquiétude face à la puissance de la machine : « Les humains qui sont limités par leur lente évolution biologiques, ne pourraient pas rivaliser face à une machine, cela pourrait être la fin de la race humaine. » Nous pouvons nous donner du temps, c’est maintenant que nous devons choisir.

Nous pouvons signer la pétition intitulée « Transhumanisme : Je ne veux pas être dominé par une intelligence artificielle. »

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